Suicides à Matignon : l’État employeur doit rendre des comptes

Mercredi 12 août 2026

Le Sundep-Solidaires Paris au sein de l’Union syndicale Solidaires exprime sa solidarité avec les proches des agentes décédées, avec les personnels ayant tenté de mettre fin à leurs jours et avec l’ensemble des collègues profondément affectées par ces drames.

Deux suicides, plusieurs tentatives de suicide, des enquêtes administratives et judiciaires ouvertes…

Lisez le communiqué de presse de l’Union syndicale Solidaires dans notre article.

L’Union syndicale Solidaires exprime sa solidarité avec les proches des agentes décédées, avec les personnels ayant tenté de mettre fin à leurs jours et avec l’ensemble des collègues profondément affectées par ces drames.

Deux suicides, plusieurs tentatives de suicide, des enquêtes administratives et judiciaires ouvertes… Les faits révélés concernant les services du Premier ministre sont d’une gravité exceptionnelle et doivent conduire à interroger les conditions de travail et les modes de management au sein de l’État.

Pour Solidaires, la souffrance au travail et les suicides ne sont jamais une fatalité. Les causes sont connues : restructurations permanentes, intensification du travail, management toxique, par la peur ou la mise en concurrence, perte de sens, isolement des agentes, destruction des collectifs de travail. Ce sont des choix d’organisations qui produisent de la souffrance et des risques professionnels.

Depuis des années, les gouvernements successifs imposent à la fonction publique les mêmes recettes que dans le privé : suppressions d’emplois, obsession des indicateurs, réorganisations incessantes, austérité budgétaire. L’État ne peut pas refuser de regarder ce qu’il produit lui-même.

L’ouverture d’enquêtes est indispensable. Mais il est primordial d’agir sur le travail lui-même. Cela signifie donner les moyens d’exercer les missions de service public, renforcer les effectifs, mettre fin aux organisations pathogènes, écouter les alertes des représentantes du personnel et reconnaître pleinement les risques psychosociaux comme des risques professionnels. Autant de revendications portées de longue date par Solidaires.

Les cellules psychologiques et les audits ne remplaceront jamais une véritable politique de prévention. La santé mentale au travail ne se résume pas à accompagner les victimes. Elle impose de supprimer les causes de la souffrance.

Ces événements rappellent l’urgence de reconstruire une véritable démocratie au travail. Solidaires continue d’exiger des moyens renforcés pour la prévention, le retour d’instances spécialisées disposant de réels pouvoirs en matière de santé, sécurité et conditions de travail, le renforcement de la médecine de prévention et des inspections, ainsi que le droit effectif des agentes et de leurs représentantes à intervenir sur l’organisation du travail.

L’État employeur a, comme tous les employeurs, une obligation de protéger la santé physique et mentale de ses agentes. Il est temps que cette obligation cesse d’être un principe affiché pour devenir une réalité. Pas d’économies sur nos vies !

Téléchargez le communiqué de presse du 6 août de l’Union syndicale Solidaires en bas de cette page.

Voir en ligne : le communiqué de presse sur le site de Solidaires

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